Bienvenue sur le site de vote du « Prix des lecteurs Les Echos » dans le cadre du Prix Ulysse 2026.

Tous les ans depuis 2011, l'Association pour le Retournement des Entreprises (ARE) décerne le prix Ulysse qui récompense un retournement d'entreprise remarquable de l'année écoulée. Véritable prix d'excellence, le Prix Ulysse distingue une entreprise qui aura non seulement effectué un retournement spectaculaire, mais également inscrit son redressement dans la durée et donné un nouvel élan à son activité. Toutes les composantes (sociales, industrielles et financières) sont en effet prises en compte pour l'attribution de ce prix.

Découvrez ci-dessous les entreprises nommées pour le prix 2026.

Dans le cadre du partenariat des Echos avec l’ARE, nous vous proposons de voter pour la société dont vous voulez récompenser le retournement. La société qui obtiendra le plus de votes se verra remettre le « Prix des lecteurs Les Echos ».

ASIA

Lorsque la pandémie paralyse le monde en 2020, le groupe ASIA a déjà 35 ans d’existence et une solide réputation. Créé en 1985 par Jean-Paul Chantraine, ce spécialiste du voyage lointain ou itinérant sur mesure est une référence sur le marché français pour la qualité et la fiabilité des prestations qu’il propose. À la disparition de son fondateur en 2018, le capital est réorganisé : trois fonds d’investissement français entrent à hauteur de 65 %, les 35 % restants se répartissant entre la famille du fondateur et l’équipe de management. Guillaume Linton, qui y a occupé diverses fonctions opérationnelles, en devient président. Asia réalise alors 70 M€ de chiffre d’affaires.Lire la suite

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Lorsque la pandémie paralyse le monde en 2020, le groupe ASIA a déjà 35 ans d’existence et une solide réputation. Créé en 1985 par Jean-Paul Chantraine, ce spécialiste du voyage lointain ou itinérant sur mesure est une référence sur le marché français pour la qualité et la fiabilité des prestations qu’il propose. À la disparition de son fondateur en 2018, le capital est réorganisé : trois fonds d’investissement français entrent à hauteur de 65 %, les 35 % restants se répartissant entre la famille du fondateur et l’équipe de management. Guillaume Linton, qui y a occupé diverses fonctions opérationnelles, en devient président. Asia réalise alors 70 M€ de chiffre d’affaires.

En mars 2020, la pandémie de COVID-19 est un cataclysme pour ASIA : le monde se fige pour plusieurs mois. Et pour ce spécialiste de l’Asie dont les frontières restent fermées pour deux ans, la peine est rallongée. Le chiffre d’affaires tombe subitement à zéro. Pour éviter la crise de trésorerie, la direction de l’entreprise, menée par Guillaume Linton et Julien Beaufreton (DAF et DRH), va prendre des mesures drastiques. S’appuyant sur les aides proposées aux entreprises pendant la pandémie, ASIA mène un restructuring social et financier : la réduction des coûts de personnel grâce à des départs, du chômage partiel, et la baisse de rémunération des dirigeants, ainsi que celle des coûts de fonctionnement, s’accompagne d’une renégociation de la dette (dont le PGE) dans le cadre d’une conciliation puis d’un mandat ad hoc. Mais l’entreprise ne se contente pas de faire le dos rond, elle réagit et se transforme. L’opportunité est saisie d’accélérer la digitalisation des process et de mettre en place des « best practices » pour améliorer son efficacité. D’un point de vue marketing et commercial, ASIA se montre offensive : elle développe une nouvelle offre à destination de la France et de l’Europe tant que l’Asie reste fermée, et se permet même d’acquérir et relancer la marque Equatoriales en 2022 pour élargir son portefeuille et se développer vers l’Océan Indien et l’Afrique Australe.

L’ensemble de ces mesures est accueilli positivement par tout l’écosystème d’ASIA. Face à une crise inédite dans sa nature et son ampleur, les partenaires (partenaires sociaux, fournisseurs, actionnaires…) réagissent de manière constructive et responsable en gardant en ligne de mire la survie de l’entreprise. Le fort attachement des collaborateurs et le soutien des actionnaires seront notamment parmi les clés de succès du retournement.

Les actions entreprises se révèlent payantes, et le redressement s’opère plus rapidement que prévu. L’amélioration rapide du CA et de la rentabilité opérationnelle permettent d’accélérer le désendettement et de retrouver rapidement une meilleure santé financière. L’entreprise passe d’un CA de 17M€ en 2022 à près de 75 M€ en 2024.

Pour la direction de l’entreprise, qui a fait preuve de persévérance et de réactivité, cet épisode fournit la satisfaction d'avoir su transformer une crise en levier de transformation et en opportunité de rebond. En s’appuyant sur le fort capital confiance de la marque, en utilisant au mieux les dispositifs d’aide mis en place par l’État, elle a su traverser la crise et en sortir renforcée.

Aujourd’hui, le groupe ASIA aborde une nouvelle phase de croissance en réaffirmant sa vocation : faire voyager les Français vers l’Asie.

ASIA

Comment traverser la crise quand celle-ci consiste en un arrêt total de l’activité ? C’est le défi qu’a relevé le groupe ASIA, tour opérateur spécialisé dans les voyages vers l’Asie, le Pacifique et le Moyen-Orient, confronté aux restrictions de voyages et fermetures de pays imposées par la pandémie de Covid-19. Garder la tête froide et mobiliser les énergies a permis au management de sauver l’entreprise et de la relancer. Lire la suite

Sigmaphi

Créée à Paris en 1981 et installée à Vannes depuis 1994, l’entreprise SIGMAPHI est spécialisée dans la conception et la fabrication d’électroaimants pour accélérateurs de particules. Elle a su se développer sur un marché de niche que se partagent cinq acteurs mondiaux, en s’appuyant sur les capacités d’innovation technologique de son bureau d’études et sa maîtrise de l’ensemble du cycle de vie des produits, cette dernière lui conférant un fort avantage concurrentiel. Lire la suite

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Sébastien Longelin
Président

Sebastien Longelin - Président, Sigmaphi

Créée à Paris en 1981 et installée à Vannes depuis 1994, l’entreprise SIGMAPHI est spécialisée dans la conception et la fabrication d’électroaimants pour accélérateurs de particules. Elle a su se développer sur un marché de niche que se partagent cinq acteurs mondiaux, en s’appuyant sur les capacités d’innovation technologique de son bureau d’études et sa maîtrise de l’ensemble du cycle de vie des produits, cette dernière lui conférant un fort avantage concurrentiel.

Ses produits trouvent leur application dans quatre secteurs : la recherche fondamentale, qui représente la moitié de ses débouchés, la médecine avec notamment la protonthérapie – une forme de radiothérapie de haute précision utilisée dans le traitement de certains cancers –, et, dans une moindre proportion, l’énergie avec la fusion nucléaire et l’industrie. Ses clients se trouvent donc parmi de grands laboratoires ou centres de recherche, des fabricants de matériel médical ou industriel de pointe, des sociétés de haute technologie comme de grands acteurs publics, 90 % de son CA étant réalisé à l’export.

Malgré ses performances, l’entreprise connaît des difficultés au début des années 2020 en lien avec un fléchissement conjoncturel du marché médical. La baisse du CA qui en résulte est insuffisamment accompagnée : son mode de gestion « patriarcal », sans outils de pilotage, prive l’entreprise de la possibilité d’ajuster son fonctionnement à la rentabilité respective de chacun de ses marchés, cet ajustement étant en outre structurellement difficile du fait de la longueur des projets (30 mois en moyenne). SIGMAPHI engage une procédure de conciliation en 2021, ses difficultés de trésorerie laissant planer la menace d’un redressement judiciaire et mettant en péril sa pérennité.

En décembre 2021, le fonds de situations spéciales Breizh Rebond, qui concentre son action sur les PME bretonnes fragilisées, entre au capital de SIGMAPHI et devient son actionnaire majoritaire avec 70 % des parts. Suivant ses principes d’intervention, Xavier Lépine, cofondateur de Breizh Rebond, prend sa présidence afin de stabiliser l’entreprise et lancer un premier plan d’actions touchant toutes les fonctions. Il assurera cette mission jusqu’au mois d’août 2022 et l’arrivée de Sébastien Longelin, président actuel. La reprise par Breizh Rebond, actée via un protocole de conciliation, permet à l’entreprise d’obtenir un réétalement de ses dettes bancaires sur 7 ans, et d’engager son retournement.

Dès sa nomination, Sébastien Longelin reprend le plan d’actions à son compte et lance plusieurs chantiers de front. Le positionnement stratégique de l’entreprise est remis à plat, et ses quatre marchés clairement définis après analyse de ses forces et faiblesses sur chacun d’entre eux. D’un point de vue opérationnel, l’organisation en BU de l’entreprise est simplifiée, et les différents process et fonctions remis à plat pour permettre une structuration plus rigoureuse et moins « silotée ». Des indicateurs sont instaurés afin de permettre un meilleur suivi des performances et des besoins (notamment un suivi mensuel de la profitabilité par projet), les outils de suivi digitalisés et les achats rationalisés pour mieux maîtriser les coûts. Ces mesures font l’objet d’un plan sur trois ans (2023-2025) selon 4 axes stratégiques déclinés en plus de 80 actions portées par les collaborateurs. Ce dispositif s’inscrit dans une nouvelle démarche RH visant à mobiliser l’interne autour de la stratégie et des valeurs de l’entreprise, complétée par une amélioration des salaires et des conditions de travail.

La reprise par Breizh Rebond, comme les mesures engagées, ont été bien accueillies par l’ensemble des partenaires (y compris les partenaires sociaux), qui ont vu disparaître la menace qui pesait sur la pérennité de l’entreprise et la préservation de ce savoir-faire unique. Ce soulagement, conjugué aux mesures RH, a notamment permis d’apaiser le climat interne et d’améliorer l’image employeur de SIGMAPHI, une nécessité pour faciliter les futurs recrutements. Les partenaires financiers et l’État via l’octroi de garanties ont suivi l’entreprise dans son action en lui accordant des cautions à l’export, puis, dès le retournement avéré en 2025, de nouveaux crédits. SIGMAPHI a également pu bénéficier d’un Codéfi* et d’une subvention publique accordée pour soutenir son développement dans le secteur prometteur de la fusion nucléaire. Enfin, la Région Bretagne et les collectivités locales accompagnent aujourd’hui l’entreprise dans ses projets en co-finançant la construction d’une nouvelle usine, livrable en 2026, à proximité des sites existants.

SIGMAPHI voit donc son avenir s’éclairer, le plan de redressement ayant été respecté voire dépassé. Son carnet de commandes représente plus de 18 mois d’activité, les comptes sont à nouveau dans le vert (l’EBITDA est passé de -1,2 M€ en 2021 à plus de 1,5 M€ en 2025), et l’entreprise a retrouvé sa place d’acteur incontournable au niveau mondial.

* Comité départemental d'examen des problèmes de financement des entreprises

Sigmaphi

Fabricant d’électroaimants pour accélérateurs de particules depuis plus de 40 ans, SIGMAPHI a connu une phase de difficultés au début des années 2020, accentuées par des lacunes de gestion et un management trop traditionnel : un comble pour une entreprise de pointe ! Une reprise en main efficace lui a permis de redresser la barre en moins de 5 ans. Lire la suite

SUPRATEC

SUPRATEC est fondé en 1962 par Jean Jestin, avec une activité de négoce technique et de distribution de composants mécaniques pour l’industrie française. Au fil des années, sous la direction de son fils, Jean-Marie Jestin, l’entreprise se diversifie pour consolider sa position sur son marché, en abordant notamment les secteurs aéronautique, électronique et automobile. Aujourd’hui, le groupe SUPRATEC, majoritairement détenu par la famille du fondateur et par son président (Yoann Hébert), pilote 5 sociétés dont les activités vont de la distribution de composants pour l’aéronautique au marquage sur mesure pour l’industrie, et réalise plus de 60 M€ de chiffre d’affaires, dont un tiers à l’international. Lire la suite

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Yoann Hébert
Président

Yoann Hébert - Président, Supratec

SUPRATEC est fondé en 1962 par Jean Jestin, avec une activité de négoce technique et de distribution de composants mécaniques pour l’industrie française. Au fil des années, sous la direction de son fils, Jean-Marie Jestin, l’entreprise se diversifie pour consolider sa position sur son marché, en abordant notamment les secteurs aéronautique, électronique et automobile. Aujourd’hui, le groupe SUPRATEC, majoritairement détenu par la famille du fondateur et par son président (Yoann Hébert), pilote 5 sociétés dont les activités vont de la distribution de composants pour l’aéronautique au marquage sur mesure pour l’industrie, et réalise plus de 60 M€ de chiffre d’affaires, dont un tiers à l’international.

En 2019, SUPRATEC affiche un résultat négatif, causé en particulier par une contreperformance de son activité ingénierie qui a lourdement investi dans le développement de produits propres sans trouver de débouchés suffisants. Endetté, faisant face à des difficultés de trésorerie, le groupe voit sa pérennité menacée. En mars 2020, la pandémie de COVID-19 met le secteur aéronautique et les chaînes de production à l’arrêt. Les répercussions en cascade sur les sous-traitants sont importantes et dramatiques pour SUPRATEC, déjà fragilisé : le chiffre d’affaires s’effondre de 50 M€ en 2019 à 35 M€ en 2020. L’incertitude gagne alors l’ensemble du groupe, détériorant le climat social.

Face à cette situation critique, SUPRATEC lance dès le printemps 2020 un plan de retournement sur 3 ans. En septembre 2020, le pilotage de la transformation est confié à Yoann Hébert, membre du conseil de surveillance, qui prend alors la présidence du groupe. Le retournement s’effectue en trois phases, nécessitant chacune des chantiers et interventions différentes : gestion de l’urgence en 2020 avec des objectifs de sécurisation de la trésorerie, préservation de l’emploi et continuité des activités ; retournement opérationnel en 2021 impliquant une réorganisation, un recentrage stratégique, des actions de maîtrise des coûts et la mise en place d’un nouveau management ; et enfin une consolidation à partir de 2022 avec une gouvernance et une santé financière renforcées, et l’amorce d’une nouvelle phase de croissance.
Outre l’utilisation des aides de l’État mises en place pendant la pandémie (PGE et report de charges notamment), SUPRATEC a su actionner différents leviers pour soutenir sa transformation. Un accent particulier a été mis sur le volet social afin de rétablir un climat positif et regagner la confiance des équipes avec notamment une communication transparente et régulière de la part de la direction, qui a permis de remobiliser les collaborateurs. SUPRATEC a également pu compter sur le soutien de ses actionnaires (la famille fondatrice et Yoann Hébert) dont les apports supplémentaires ont financé les actions de redressement.
La transformation du groupe s’est articulée autour d’un recentrage sur les activités stratégiques, d’une réorganisation en vue de transférer les fonctions commerciales de la maison mère aux filiales, d’une baisse des coûts via des réductions d’effectifs et la maîtrise des dépenses, et d’une modification du fonctionnement de l’entreprise : mise en place d’un management de crise, plus flexible et plus réactif, et digitalisation des process pour une meilleure efficacité.
Ce plan a reçu un accueil favorable de l’ensemble des partenaires, sociaux, financiers ou institutionnels, mais devant la frilosité de certaines banques, SUPRATEC a décidé d’ouvrir son capital à un fonds, Noé Industries, fin 2021, pour disposer des moyens de soutenir cette transformation et d’accélérer sa relance.

Même si la mise en œuvre du plan a nécessité des ajustements, les résultats se sont révélés conformes aux objectifs : un retour à l’équilibre dès 2021, une croissance soutenue du CA (+80 % entre 2020 et 2025), une rentabilité restaurée et une trésorerie améliorée permettant au groupe de mener ses actions sans recourir à un nouvel endettement. Le recentrage stratégique opéré, SUPRATEC affiche aujourd’hui un positionnement plus lisible et des atouts concurrentiels plus visibles. Son fonctionnement plus agile, avec une meilleure répartition des compétences, favorise performance et relance. 2026 marquera le solde du PGE alors que les dettes fiscales et sociales ont déjà été remboursées, et que les parts de Noé Industries ont été rachetées par les actionnaires historiques. Après une croissance externe réussie sur le marché asiatique, SUPRATEC aborde l’avenir avec ambition et dans une forte dynamique de développement, ayant retrouvé sa place d’acteur industriel de référence.

Supratec

Groupe industriel reconnu depuis plus de 60 ans, SUPRATEC se retrouve en situation financière délicate en 2019, juste avant que la pandémie de COVID-19 ne vienne amplifier cette crise et fragiliser l’entreprise. Un retournement engagé dès les premiers signes permettra de renverser la situation. Lire la suite